150e anniversaire de la commune de paris

Liouxles-Monges. Le sursaut d'honneur de la Commune de Paris. Pari gagné pour Vivalioux, Jacky Payard et Pierre Lemeunier qui avaient préparé de longue date le 150e anniversaire de la Commune Articlestraitant de 150e anniversaire écrits par ericdussart. À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris (18 mars – 28 mai 1871), la Libre pensée, le Nouveau parti anticapitaliste et l’Union communiste libertaire du Var appellent à un rassemblement le samedi 12 juin à 14h, place de la Commune de Paris à LA SEYNE Dansla perspective du 150e anniversaire de la Commune en 2021, un collectif grenoblois s’est mis en place pour proposer et accueillir des événements sur le thème de la Commune de Paris. Ce collectif se veut porteur d’une mémoire et d’une histoire vivante de La Commune, grand moment d’émancipation sociale et politique Parmiles nombreux documents édités pour les 150 ans de la Commune, le livre de Frédéric Cuillerier-Desroches, La Victoire de la commune 18 mars 1971-28 mai 1971 se détache du lot et vaut le détour car il s’agit d’une uchronie. En effet l’auteur a imaginé ce qui se serait passé si la Commune avait eu raison du gouvernement Le17 septembre 2021 de 19h00 à 20h30. A l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris et de la mise à disposition des fonds patrimoniaux de la Commune de Paris des médiathèques de Plaine Commune sur le site A l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris et de la mise à disposition des fonds Site De Rencontre Populaire Au Quebec. Vive la Commune ! par aplutsoc2 En ce 150° anniversaire de la naissance de la Commune de Paris, nous donnons connaissance du discours prononcé ce matin, devant une centaine de personnes réunies, par Sylvain Bourdier, maire de Commentry dans l’Allier qui fut la première municipalité socialiste du monde en 1882.discours du maire commune de Paris – Commentry 150e Anniversaire de la Commune de Paris Discours du Maire, Sylvain Bourdier Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades, Je vous remercie de votre présence ce matin, malgré les conditions météorologiques peu favorables. Il était important, pour la municipalité, d’organiser officiellement ce rassemblement en ce 18 mars. Important pour nous, car important pour vous. Important pour les nombreux commentryens qui, fidèles à l’histoire de notre Ville, à celles et ceux qui sont passés avant nous, étaient devenus orphelins, s’étaient vus privés de leur héritage et de leur mémoire collective. Ce rassemblement, la Ville de Commentry leur devait, vous le devait. Car la Commune de Paris est notre patrimoine commun. Aujourd’hui, nous renouons le fil de notre histoire. Avec l’histoire de nos ainés qui un jour, ont refusé de subir et de se soumettre, à Paris comme dans la Cité des Forgerons et dans le monde entier. Permettez-moi de commencer en parlant d’un emblème, d’une couleur, qui vient de notre passé et qui reste une promesse pour l’avenir. Ce fut sur les barricades de la Révolution de Février 1848 puis de la Commune, que le drapeau rouge devint un symbole républicain, de progrès social et de démocratie. L’universalisme de ce drapeau va pourtant avec son rejet constant de la part de ceux qui, cumulant les pouvoirs et les privilèges indus, l’ont interdit ou condamné. Ne le cachons pas, le drapeau rouge est conflictuel lorsque ceux qui n’ont rien le brandissent face à ceux qui ont tout. Mais c’est aussi pour cela qu’il est, à Commentry plus encore qu’ailleurs, un symbole de rassemblement, d’unité et d’appartenance collective. Les conscrits de Commentry avaient coutume de défiler derrière des drapeaux rouges, mais par Arrêté du 27 décembre 1890, le Préfet de l’Allier interdisait l’usage d’autres emblèmes que le drapeau tricolore. Les années suivantes, les jeunes arboraient tantôt un immense parapluie rouge, tantôt l’emblème tricolore avec inscrit Vive la Révolution Sociale » sur le blanc, ou bien des rubans et des écharpes rouges… La police multiplia les procès-verbaux pour tenter de mettre fin à cette pratique. En 1891, le jour du 1er mai, les forces de l’ordre avaient saisi les oriflammes rouges et verts plantés sur des mats, et le Maire de Commentry avait alors été condamné à des amendes. L’année suivante, le Maire se refusa à supprimer les couleurs rouges mais y associa le tricolore. Les excès de répression des pratiques et des mesures municipales de Commentry n’eurent pour seule conséquence que la réélection de Christophe Thivrier aux législatives. Juste après les élections de 1912 encore, le drapeau tricolore était remplacé par le drapeau rouge au fronton de l’Hôtel de Ville. Et ce n’est pas pour rien que le blason de Commentry a le rouge pour couleur, agrémenté du pic et du marteau, de l’enclume et de la lampe de mineur. Cette bannière fait partie de Commentry, mais c’est un symbole national et universel. N’était-ce pas le drapeau rouge qui flottait en masse, aux obsèques du grand Emile Zola ? N’était-ce pas ce drapeau aussi, qui était présent lors de l’inauguration de la statue de la République, place de la Nation à Paris ? Permettez-moi de reprendre les propos de Georges Rougeron, pour dire combien cet emblème nous engage. Georges Rougeron disait Nous aimons à penser, lorsque, le 18 mars et le 1er mai, le drapeau rouge flotte sur notre Hôtel de ville, que ce n’est pas seulement une tradition qui se poursuit mais un engagement qui se renouvelle afin que nos anciens n’aient pas honte de nous ». Parce qu’il est notre bien commun, le drapeau rouge va flotter de nouveau sur l’Hôtel de Ville, comme ce fut le cas depuis 1892, aux côtés du drapeau tricolore qui pour nous, reste celui de la glorieuse Révolution Française. Voici 150 ans, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement monarchiste envoient la troupe reprendre aux gardes nationaux leurs armes et leurs canons, avec la volonté de faire régner l’ordre social et la paix impériale signée avec la Prusse. Comme tous grands soulèvements populaires, la Commune était un mouvement défensif de protection du peuple les quartiers ouvriers et artisanaux de Paris et leurs gardes nationaux protégeaient ou reprenaient leur armement, considérant qu’avec le suffrage universel et l’instruction publique pour toutes et tous, l’armement populaire était la garde de la liberté, la garantie de la République. S’ensuivirent, jusqu’au 21 mai, 71 jours de créativité sociale et démocratique, d’innovation culturelle et humaine. Montant à l’assaut du Ciel, les Communards montraient la possibilité de la démocratie, de l’égalité de chacun dans l’exercice du pouvoir ; la possibilité de la République, ordre légal de la démocratie ; et la possibilité de l’État aux mains du peuple, sans l’armature autoritaire du bonapartisme dont la Ve République reste aujourd’hui marquée ; avec des élus souverains et par là responsables et révocables, payés au salaire d’un ouvrier. Enseignement laïque, fournitures scolaires gratuites, remises de loyers, suppression du travail de nuit, création d’orphelinats et de pensions pour les blessés, les veuves et les orphelins, coopératives ouvrières, revendication des droits des femmes, garantie de la liberté de la presse, accès à la culture… Voici ce que fut la Commune. Elle montrait comme une promesse au monde, la possibilité d’un régime de justice et de fraternité, à la fois réalisation concrète des combats du passé révolutionnaire et patriotique, et anticipation des combats à venir. D’aucuns invoquent des violences de la Commune sans avouer que ces violences lui ont été imposées, conséquence de l’oppression et des malheurs accumulés. Mais que dire des violences de répression Versaillaise ? La mémoire populaire a retenu la semaine sanglante ». Cette dernière semaine de mai et les jours qui suivirent, le plus grand massacre européen du 19° siècle fut accompli. Les historiens discutent de milliers ou de dizaines de milliers de morts. Ce qui est certain, c’est que seule la violence des Versaillais anticipait les charniers du 20° siècle et la barbarie moderne. La Commune promettait une véritable auto-administration des collectivités locales dans l’égalité de toutes et de tous devant la loi, devant l’impôt, dans l’accès aux services publics et le respect de la liberté de conscience par la laïcité. Elle promettait une République de citoyennes et de citoyens libres et égaux c’est à dire une République de travailleurs souverains, administrant démocratiquement les grands moyens de production et d’échange nécessaires et utiles de la société. Nous faisons notre cette mémoire. Cette question n’est-elle pas d’actualité aujourd’hui ? N’est-il pas actuel de parler de production et de distribution en masse des vaccins nécessaires, sous contrôle démocratique et scientifique, sans brevets, sans mises en concurrence entre États et trusts pharmaceutiques ? A Commentry, la mémoire de la Commune se prolonge en 1882, après que le Communard Edouard Vaillant ait apporté son soutien à Christophe Thivrier. L’élection de Christou fut le début d’une longue revanche démocratique. C’est ce même Thivrier, député en blouse, qui faisait signe à cet héritage en criant Vive la Commune » à l’assemblée, en 1894, ce qui lui valut, refusant de retirer ses propos, d’être censuré et exclu de force de la Chambre. La Commune appartient à tous. Elle appartient à toutes celles et à tous ceux qui, dans le monde entier, luttent pour la dignité et la démocratie de Tunis à Alep en passant par Le Caire, de l’Amérique latine à Hong-Kong et Minsk, et aujourd’hui même, les paysans indiens ou la résistance des peuples Birmans. La Commune appartient à toutes et à tous, et son drapeau n’en exclut aucun autre sauf celui de la haine. Nous commémorons la Commune comme la promesse de la démocratie réelle, ce qui ne devrait susciter la réprobation d’aucun citoyen, quelque soit ses convictions. Nous faisons notre tout de cet héritage, avec la volonté d’en poursuivre modestement l’oeuvre à notre niveau. Honneur aux Communards et à leurs successeurs, Vive la République démocratique, laïque et sociale, Vive la liberté, l’égalité et la fraternité, Vive la Commune ! Chers amis, la démocratie, c’est la libre expression, si quelqu’un souhaite prendre la parole, n’hésitez pas. Par la suite, ce qui le souhaitent pourront se rendre Place de la Liberté, au début de la rue de la Commune de Paris où nous déposerons une gerbe. Je vous remercie. Tous les Évènements Cet évènement est passé 5 novembre 2021 / 18 h 30 à 7 novembre 2021 / 18 h 00 A l’école nous avons tous appris la Révolution française ce moment où la bourgeoisie a pris le pouvoir aux aristocrates. Mais nous n’avons pas étudié la Commune, quand les ouvriers ont pris, un siècle plus tard et pour quelques semaines, le pouvoir aux bourgeois. A l’occasion du 150° anniversaire, l’association des de la Commune de Paris présente une exposition qui retrace en 17 panneaux cette histoire trop méconnue. Une riche table de livres vous permettra de poursuivre la réflexion. Enfin ne ratez pas la conférence que donnera Ludivine Bantigny, historienne, autrice de “La Commune au présent”. L’ensemble de l’évènement se déroulera dans la salle des Fêtes de Faux-la-Montagne. Vendredi 5 novembre 18h 30 conférence de Ludivine Bantigny Visite de l’exposition samedi 6 et dimanche 7 de 10h à 12h et de 14h à 18h Pour toute info complémentaire Jean-Yves 06 81 43 02 07 Bureau temporaire le 28/05/2021 au Carré d’encre 13bis, rue des Mathurins 75009 PARIS. Les empreintes des bureaux temporaires restent disponibles pendant 8 semaines après la manifestation. Articles similaires Navigation de l’article À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris, Olivier Besancenot et Michael Löwy publient Marx à Paris, 1871 le cahier bleu de Jenny Éditions Manifeste. Nous reproduisons à cette occasion un entretien avec Olivier Besancenot publié dans le journal L’Anticapitaliste. Pour ce livre, vous avez choisi un format » assez original, puisqu’il s’agit d’une fiction politique narrant une visite de Marx à Paris pendant la Commune. Pourquoi ce choix ? Cela fait suite à une discussion avec Michael, et je crois que c’est Michael qui a eu l’idée en premier, avec l’objectif de faire quelque chose d’un peu décalé par rapport à ce qui s’est déjà fait et qui va se refaire à l’occasion du 150eanniversaire de la Commune. En gros il s’agissait de trouver quelque chose de parlant, d’original, pour mettre en scène la réflexion de Marx sur la Commune de Paris. Nous avons donc imaginé ce voyage clandestin, improbable, de Marx, emmené par sa fille Jenny, au sein de la Commune elle-même, avec des rencontres avec quelques-unes de ses personnalités, pour mettre en situation la réflexion politique de Marx sur la Commune. C’est en fait remarquable de constater à quel point cette réflexion s’est faite à chaud. Une réflexion pertinente à chaud l’Appel à l’Internationale, la Guerre civile en France, mais aussi un questionnement politique, stratégique, global. C’est une des grandes forces de Marx être capable de comprendre que du jaillissement des événements eux-mêmes peut naître un processus d’émancipation qu’on n’a pas forcément imaginé sur le papier, dans des clubs de réflexion, ou même dans les bureaux de l’Internationale. Les écrits de Marx sur cette fameuse forme d’émancipation enfin trouvée quand il parle de la Commune sont extrêmement avancés par rapport à toute une série de secteurs du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire, avec même des intonations parfois plus libertaires que celles de certains libertaires. Une réflexion sur l’émancipation, sur la confrontation à l’appareil d’État, sur la nécessité de construire des formes de souveraineté politique, démocratique… Justement, pour le dire de manière très synthétique ça a changé quoi pour Marx, la Commune ? Je dirais que c’est l’idée qu’il ne suffit pas que l’appareil d’État change de mains, d’un point de vue des classes sociales, pour changer la nature de l’État, en ce qu’il est un système oppressant, un boa constrictor », pour reprendre la formule de Marx, qui étouffe la société civile et la démocratie. Et donc qu’il faut l’éteindre, aller vers l’extinction de l’État, et que l’une des pistes possibles pour cette extinction, c’est la politique en actes de la Commune révocabilité des élus, plafonnement de la rémunération des élus et des magistrats, etc. Toutes ces politiques concrètes remettant en cause le cœur de la bureaucratie qu’est l’appareil d’État. Et avec la Commune il y a une amorce d’extinction, qui n’a pas pu voir le jour du fait de la durée de la Commune, mais une amorce tout de même, et ça Marx l’a tout de suite compris, l’a tout de suite analysé. Et cela aura des répercussions sur les réflexions de Marx, sur les débats et la culture du mouvement ouvrier de manière générale. Marx suit tous les débats, ce qui se passe dans le monde, les situations sociales et politiques, et alors qu’il n’imaginait pas que l’insurrection viendrait de Paris, il va se plonger dans l’analyse de la Commune, immédiatement, alors qu’il est un peu pris de court et plongé alors dans une réflexion sur l’analyse du système capitaliste et de ses crises. Et ce qui est fort c’est de produire des analyses à la lumière de l’événement, de saisir la portée de l’événement. Pour mettre en scène tout cela, vous imaginez donc des rencontres entre Marx et certaines personnalités de la Commune, à Paris, pendant l’insurrection. À la lecture on remarque une présence significative des femmes Louise Michel, Élisabeth Dmitrieff, Nathalie Lemel, mais aussi bien sûr Jenny Marx qui accompagne son père. C’est une volonté de votre part de souligner particulièrement le rôle des femmes dans le soulèvement parisien ? Ça n’a pas été forcément théorisé et construit mais on s’est rendu compte, au fur et à mesure des personnages concrets auxquels on pensait, que les femmes ont joué un rôle central dans l’histoire sociale et politique de la Commune. C’est le cas dès le début du soulèvement, avec la protection des canons contre leur reprise potentielle par les Versaillais dans les rues de Montmartre, à l’appel du comité de vigilance des citoyennes de Montmartre, autour de Louise Michel notamment. Mais c’est aussi le rôle et la place prises par les femmes, contre l’air du temps de l’époque, parce que le machisme avait toute sa place, même au sein de l’Internationale, dans les différents clubs révolutionnaires. Un événement révolutionnaire tel que la Commune, mais cela vaut pour tous les événements révolutionnaires, est le jaillissement de phénomènes qui couvent dans la société depuis des mois et des mois, voire plus, ce qui était le cas à Paris avec notamment une multitude de clubs révolutionnaires dans lesquels les femmes se sont de plus en plus impliquées. On peut aussi penser au siège de Paris par les Prussiens, durant lequel Nathalie Lemel a été, avec la coopérative La ménagère » et le restaurant La Marmite » au centre de la solidarité et de l’entraide populaires, pour venir en aide à quasiment 10 000 Parisiens qui crevaient de faim. Donc l’Union des femmes, qui va se constituer dans l’œil du cyclone de la Commune, est le produit de tout ce travail antérieur, et quand Élisabeth Dmitrieff [représentante de l’Internationale] arrive et participe à la fondation de l’Union des femmes, une grande partie de l’activité est déjà en cours, enracinée. À propos d’Élisabeth Dmitrieff justement… C’est vrai que quand on pense aux femmes de la Commune », c’est la figure de Louise Michel qui vient le plus souvent, en oubliant » parfois, souvent même, Élisabeth Dmitrieff. Ce qui n’est pas le cas dans votre livre, où elle occupe une place importante, à la mesure de son rôle durant la Commune. Moins connue que Louise Michel c’est vrai, et qui reste comme un nom qui évoque quelque chose mais on ne sait plus trop quoi. Or son nom, au-delà du combat féministe, de la lutte pour les droits des femmes au coeur de la Commune, avec l’Union des femmes, c’est aussi celui de l’autogestion. Élisabeth Dmitrieff et son action, c’est l’un des premiers exemples d’autogestion à cette échelle. Dmitrieff influence autant qu’elle est le produit de la Commune. C’est une jeune Russe, immigrée, qui s’est entichée du roman Que faire ? de Tchernychevski. Un roman dont l’héroïne s’émancipe de son propre milieu fait de mariages arrangés et va s’inspirer des formes traditionnelles de mises en commun des biens et de la production existant dans certains localités de la paysannerie russe, ce que l’on appelle l’obchtchina, pour le transposer à des coopératives ouvrières. Cette lecture va enflammer Élisabeth Dmitrieff, qui va s’émanciper de son milieu, se politiser notamment au côté des réfugiés politiques en Suisse, où elle va rencontrer les marxistes, puis se rendre à Londres et rencontrer Marx, discuter avec lui… Kristin Ross a parlé de tout ça dans l’Imaginaire de la Commune. Et à l’arrivée Marx l’apprécie, la considère, au point de l’envoyer comme son émissaire à Paris lors de la Commune, pour qu’elle y soit ses yeux et ses oreilles. Au bout de quelques jours elle se retrouvera à la tête de l’Union des femmes, au côté de Nathalie Lemel et d’autres, et son premier projet, qu’elle discute avec Léo Frankel, c’est de constituer des coopératives ouvrières autogérées, où les ouvrières se paient elles-mêmes, pour fabriquer par exemple les tissus pour les sacs de sable pour les remparts ou les uniformes de la Garde nationale. Donc Dmitrieff, c’est ça aussi, une expérience malheureusement elle aussi avortée du fait de la courte durée de la Commune. Comment avez-vous choisi les différents personnages que Marx rencontre dans votre livre ? Avez-vous eu essayé d’avoir des critères pour donner une vue d’ensemble » ou ces personnages se sont-ils imposés d’eux-mêmes ? On n’a pas fait de casting, on l’a fait d’instinct je crois. Comme à chaque fois qu’on écrit ensemble, on s’est partagé les chapitres Michael et moi, et puis les noms se sont imposés, se sont additionnés… La question qu’on s’est posée, car c’est la limite du genre, c’est le risque de refaire une histoire de la Commune un peu trop par en haut », avec des noms que l’on connaît déjà. Mais ce qui nous a guidés, c’étaient les écrits de Marx sur la Commune, donc on était obligés de suivre le fil des relations politiques que Marx avait, souvent à distance, à l’époque, et donc de le faire discuter avec ces personnalités. Au total, un livre sur la Commune, sur la pensée de Marx, mais aussi un livre qui a vocation à dire des choses sur l’actualité ? La Commune est une ode à l’émancipation, qui traverse le temps, et une bonne piqûre de rappel face à tous les travers bureaucratiques. C’est aussi un moyen de se ressourcer dans l’internationalisme. Car oui, la Commune est née d’un soulèvement populaire contre le siège, l’avancée des troupes de Bismarck, et de la volonté de gagner la guerre. Mais parmi les grandes figures de la Commune, comme chez les Communards anonymes, il y avait des milliers et des milliers d’exiléEs, souvent politiques, mais aussi économiques, prussiens, italiens, polonais, russes… La Commune a été un acte internationaliste. Et c’est aussi un moyen de se souvenir que notre histoire politique n’a pas commencé avec la révolution russe de 1917. Elle a des racines antérieures, et tous les débats qui ont irrigué le mouvement ouvrier international suite à l’écrasement de la Commune, en insistant notamment sur ce que les Communards n’avaient pas réussi à faire – s’emparer de la Banque de France, marcher sur Versailles, etc. – permettent de comprendre quelles étaient les obsessions politiques des Bolcheviks. On comprend mieux la fameuse danse dans la neige de Lénine le jour où la révolution russe a tenu » un jour supplémentaire par rapport à la Commune. À travers le temps, la Commune ce n’est pas seulement ses échecs, mais une source d’inspiration vivante, la première expérience d’émancipation et de pouvoir populaires, de pouvoir des exploités et des opprimés, avec toutes ses limites, mais qui parle au travers des décennies. Et on se rend bien compte que, 150 ans après, c’est une affaire non réglée avec les puissants la Commune n’a toujours pas bonne presse dans la pensée dominante, et on voit à quel point la pensée versaillaise n’a pas disparu. Propos recueillis par Julien Salingue. 328 Copié Europe 1 08h24, le 22 novembre 2020Tous les samedis et dimanches dans la matinale week-end d'Europe 1, Laure Dautriche nous emmène à la rencontre de l'Histoire et du patrimoine français. Aujourd'hui, gros plan sur le 150e anniversaire de la Commune de Paris, un événement douloureux qui évoque une guerre entre Français en chroniques des jours précédents 21/11/2020 Un fossile de mammouth découvert à Clichy-la-Garenne 15/11/2020 Fermeture de l'aéroport de Tegel à Berlin la fin d'un lieu chargé d'histoire 14/11/2020 Les souvenirs de Nicole Bund, la filleule du Général de Gaulle

150e anniversaire de la commune de paris